L'Écho des cavernes Année 1952 N°1 - Bilan 1951

BILAN 1951

L'année a débuté par de nombreuses expéditions à la grotte des Foules pour noter les niveaux d'eau et déblayer un peu le sentier d'accès et le couloir d'entrée. Dès le 7 janvier, ce travail était commencé.
La découverte fortuite d'une quatrième grotte au centre même du cirque des Foules et à proximité de la grosse résurgence amena plusieurs pénibles journées de déblaiement à la pelle-bêche, à plat ventre dans l'argile mêlée de cailloux. A la vitesse horaire de 0,30 mètre, nous n'avons pu avancer que de 12 mètres dans cette nouvelle galerie au bout de laquelle nous avons toujours l'espoir de découvrir un passage vers le cours inférieur du torrent. Ce serait magnifique pour l'étude des captages. Mais au bout de combien de séances de terrassement y parviendrons-nous ? C'est le secret de la grotte.
Après plusieurs sorties à la Cernaise, dans les gorges du Tacon et du Flumen, dans la vallée de Vaucluse et dans celle de la Douveraine où des résurgences intéressantes, mais diablement éloignées attendent qu'on les explore, la période des congés nous trouva dans les cavités du plateau des Bouchoux. Successivement un gouffre de 18 mètres au bois de Ban, 11 grottes aux Cernois, aux Ecolais, à la Bâtie et enfin une grotte dans le massif des Couloirs reçurent notre visite.couverture
Arrêtés par des averses et des montées d'eau continuelles, nous avons du laisser inachevés plusieurs trous très intéressants que nous reprendrons cette année. N'avons-nous pas trouvé transformées en piscine, les entrées de deux grottes des Cernoises précisément le jour où avec tout le matériel nous comptions donner l'assaut final.
Mais c'est à la grotte des Couloirs que nous attendait la plus belle déconvenue. Après le porche vraiment imposant, nous devions, en principe, trouver une galerie de 300 mètres finissant par un lac (soit en langage spéléo 150 mètres au maximum et une galerie d'eau). Non seulement nous n'avons pas trouvé de "lac" mais un effondrement déjà très ancien et d'une dangereuse instabilité nous a arrêtés à 35 mètres de l'entrée. Une averse phénoménale qui nous surprit au retour contribua à nous faire maudire la grotte des Couloirs et notre informateur qui après tout, n'avait peut être fait que nous répéter une information exacte… il y a plusieurs siècles.
Puis ce fut, fin septembre, quatre journées d'exploration au gouffre de Sièges, exploration dont les péripéties ont été relatées dans la presse et les Cahiers de Spéléologie. Nous sommes arrêtés à 37 mètres de profondeur verticale par une étroiture que notre ami Nabot compte faire sauter cette année. Là aussi l'espoir est grand de découvrir non seulement une belle caverne, mais aussi l'eau courante pour une commune qui en est bien privée.
Et, fin octobre, alors que personne n'y comptait plus, le niveau de l'eau baissa enfin dans les Foules, mais le torrent était encore tellement fort que c'est avec appréhension que nous l'avons laissé derrière nous pour remonter dans les galeries suivantes. Trois descentes successives en quinze jours nous ont permis de refaire une bonne partie des plans et de capturer des crustacés aquatiques. Après quoi l'eau ferma le passage.
Au cours des derniers mois de l'année, la section bio-spéléo mit à profit une relative sécheresse pour prospecter les grottes environnant Saint-Claude et y capturer des insectes cavernicoles. La chasse a été bonne.
Enfin nous avons pu remettre cette année au Service des Eaux de Saint-Claude, un important dossier contenant le résumé des observations faites aux Foules au cours d'une trentaine d'explorations, et le plan de quelques 5 kilomètres de galeries connues… en attendant la suite.