Grotte du Tunnel (Arbois)

iconeMyriam Lugand, Guillaume Ballet, François Jacquier

Pour une fois c'est Mimi qui sollicite une sortie spéléo en semaine, ce serait donc mal venu de ne pas la contenter !
La grotte du Tunnel, cavité sans difficulté, était déjà dans les tuyaux depuis un moment compte tenu de la petite forme physique de Mimi. Guillaume a également répondu présent pour découvrir cette jolie grotte qu'il ne connait pas. Premier rendez-vous à St-Laurent pour récupérer Mimi, puis nouvel arrêt à Montrond où Guillaume nous attend.
Guillaume prend soin de repérer la route et le sentier d'accès car il compte bien y revenir avec Jean-Claude qui a vainement chercher l'entrée il y a quelques mois.

Dés les premiers mètres, dans les passages bas de l'entrée, nous sommes accueillis par bon nombre de petits rhinolophes qui pendent au plafond. Passé les deux passages étroits suivants on en voit encore quelques-uns mais ils se font beaucoup plus rares.
Mimi et Guillaume sont tous deux surpris par la vision qui s'offre à eux au-delà de la zone d'entrée basse et terreuse. La galerie prend désormais des dimensions importantes et le décor devient somptueux avec profusion de colonnes et stalactites. Curieusement je constate une nouvelle fois que cette grotte inspire le respect, sans concertation on y évolue lentement et en silence, un peu comme dans un sanctuaire.
Le président déballe son nouveau Canon EOS 760D dont il ignore encore tout du fonctionnement tandis que Mimi s'octroie sans plus de cérémonie l'autre Canon G10 et mitraille à tout va. En l'espace de deux jours ça devient une habitude de se faire piquer son appareil photo !
Pendant ce temps Guillaume visite les moindres diverticules et disparait par moment dans des pertuis improbables. Il finit par dénicher un mille-pattes cavernicole de 4 cm qui semble passablement dérangé par nos lumières. JP, notre biologiste lédonien identifiera sur photo l'individu comme un scolopendre (ou chilopodes) du genre Geophilus. Qui d'après lui n'aurait rien à faire si loin dans la cavité car il vit généralement dans les zones de pénombre proche des entrées.
Malgré le développement modeste de la grotte (moins de 100 m) on y reste pourtant un bon moment en furetant dans tous les coins et sans s'ennuyer. Dans les talus terreux proches de la sortie Guillaume déniche deux tessons de poterie, probablement néolithiques ou de l'âge du bronze, ainsi qu'un morceau d'os massif qui pourrait bien être de l'ours. Un autre fragment osseux à la patine noire laisse supposer une probable côte humaine. Rien d'étonnant à tout ça quand on sait que la grotte a été occupée à plusieurs périodes de la préhistoire.
A la sortie le temps s'est dégradé et une pluie fine nous accompagnera sur la route du retour.