Grotte de la Douveraine (La Pesse)

Louis Daudey, Jérémy Bolard, Dom Guyétand

Nous voilà déjà en septembre, et encore aucune exploration n’a été menée dans cette grotte majeure, où subsistent encore quelques points d’interrogation. Après l’achèvement de l’escalade de la grande cheminée Oxéo, plus haute verticale du trou avec 40 m de hauteur, mais hélas borgne et donc sans espoir de suite, il devenait urgent de poursuivre les investigations.

L’objectif suivant que je me gardais sous le coude, est situé un peu plus loin dans le réseau, plus exactement dans la galerie des Dunes. Histoire de faire le point sur le matos resté sur place et échafauder un plan d’attaque, je propose une sortie avec Louis et Jérem. Ce sera aussi l’occasion de faire découvrir cette grotte à nos deux jeunes.

Nous nous retrouvons à Rochefort à 10 h, puis après une rapide présentation de la cavité, appuyée par une topo sommaire, nous filons aux Bouchoux puis à l’Enversy, et nous posons le Duster sur la place à bois au niveau du gué, au débouché du canyon sec. C’est vers 11 h 15 que nous pénétrons sous terre d’un pas tranquille. Le courant d’air est bien présent à l’orifice étroit du puits d’entrée, malgré une température extérieure relativement fraiche. La progression sera naturellement ponctuée de pas mal d’explications, tant sur le côté historique des explos, que sur la géologie des lieux.

Vers 13 h, pose casse-croûte, puis nous poursuivons vers le fond. Nous prenons en passant le matos qui restait de l’année dernière, à savoir juste une corde statique de 25 m toute neuve et emballée. Comme j’ai emporté avec moi quelques outils pour creuser l’argile, nous tentons d’assainir le passage bas situé après la base d’Oxéo, lieu qui oblige à faire du 4 pattes dans un cloaque bien gras. Après 15 mn d’efforts, le résultat est hélas peu probant, et sera sans doute anéanti au prochain épisode pluvieux…

Nous voilà ensuite dans le chaos de la salle Margot, puis nous prenons main gauche la galerie des Dunes et sommes rapidement au pied de l’objectif. Des objectifs devrais-je dire, car nous nous retrouvons dans une petite salle toute en hauteur, formée au dépend de 2 cheminées. De l’une d’elle, la plus haute vue du bas, soit environ 20 m, pend une corde qui semble être attachée sur un mono-point… La suite est cachée, est un bout de main-courante est visible sur une courte longueur. Sur la gauche, une grosse lame rocheuse dissimule un autre orifice qui semble plus prometteur… A-t-il été visité ? Sur quoi le grimpeur s’est-il arrêté ? La corde en place est-elle fiable ? Malgré que mes deux compères réunis la testent lourdement de tout leur poids, il sera hors de question de la réutiliser la prochaine fois : Elle à environ 20 ans et tient sur un seul spit !

Peu avant cette verticale, une autre cheminée attire le regard. Elle semble vierge car sans corde et sans Spits apparents. Mais est-ce une preuve ? Connaissant les énervés du GSD de l’époque, ce n’est pas impossible qu’elle ait été gravie en libre, puis déséquipée… Elle semble active, mais une partie de sa paroi est néanmoins étrangement recouverte d’une fine pellicule d’argile. Bref ! En l’absence d’information des précédents explorateurs, il va falloir grimper ces deux verticales, et même faire une traversée au sommet de la plus grande. Un gros travail en perspective, sur une roche relativement saine mais hélas constellée de petits détails provoqués par l’érosion et qui ressemblent à des poignards acérés et pointes en haut ! Autant dire qu’il faudra faire le ménage durant l’escalade.

L’heure du demi-tour sonne et nous regagnons la sortie tranquillement, tout en regardant encore quelles étroitures pourraient être encore améliorées pour faciliter les passages… Vers 17 h nous gagnons le jour. Fermant la marche, je profite de la remontée de l’étroit puits de sortie pour tester la résistance du rocher en donnant un grand coup de genou sur un becquet pointu. Bilan : le rocher est toujours là, et j’ai eu la rotule en vrac durant presque une semaine, et ce avec doubles genouillères s’il vous plait !

Bilan de la sortie : Reste plus qu’à y retourner ! Pourquoi pas avant cet hiver, mais en sachant que ce n’est pas la meilleure période, car les faibles écarts de température sont guère favorables à la chasse au courants-d ’air. A suivre !

TPST 5 h 30 environ