Le gouffre des Grandes-Roches

Le gouffre des Grandes-Roches (Coyron) - Étude hydrogéologique

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Étude hydrogéologique

gd-rochesDès les premières explorations, d'importantes variations du niveau d'eau étaient observées au fond du gouffre sans que la cause en soit imputable aux eaux météoriques. Dans le même temps, la retenue de Vouglans toute proche (300m à vol d'oiseau), connaissait des fluctuations analogues. Cette constatation tendait à prouver l'existence d'une relation directe entre le fond du gouffre et une cavité débouchant sous le niveau du lac. gd-roches
Suite à cette déduction, une expérience de traçage à la fluorescéïne fut envisagée afin de déterminer le lieu exact de réapparition des eaux souterraines. Le vendredi 30 octobre 1992, la coloration pouvait avoir lieu grâce à la conjonction de deux facteurs favorables. D'une part, à cette date, la retenue de Vouglans accusait une baisse de niveau importante (de l'ordre de 15 m), ce qui mit à jour plusieurs sources habituellement noyées. D'autre part, une journée de pluie avait transformé le bas côté de la route en ruisseau. Cet apport d'eau imprévu optimisait considérablement la phase d'injection. A 22 h 30 un kilogramme de fluorescéine était déversé directement dans le caniveau. Une citerne d'eau de mille litres, mise à disposition par les services de l'Équipement d'Orgelet, vint également grossir le débit.gd-roches
Le lendemain, samedi 31 octobre dès 9h du matin, les observations commençaient le long du lac à l'aide d'un Zodiac. L'attente fut de courte durée, car, après quelques minutes de navigation, l'équipe repère le vert caractéristique d'un ruisseau qui se jette dans le lac juste en face de la plage de Surchauffant. Ce cours d'eau d'environ 300 litres par seconde, sourd d'un entonnoir de galets distant d'une cinquantaine de mètres de la rive et 10 mètres plus haut (cote 440m). Cette exsurgence temporaire de six mètres de diamètre pour deux dgd-rochese profondeur avait déjà été repérée par le S.C.S.C dans les années 70, Elle avait d'ailleurs fait l'objet d'une ou deux tentatives de désobstruction restées vaines. Elle constitue en fait le trop-plein de crue d'une source d'éboulis. L'émergence pérenne de vingt litres par seconde environ est noyée habituellement par la retenue. En l'absence de dénomination précise, elle fut appelée arbitrairement : "Exsurgence du Pont de la Pyle" en raison de la proximité de l'ouvrage. Durant le reste de la journée, aucune des principales sources environnantes (Grotte de la Touvière au nord et Source du Moulin de Garde-Chemin au sud) ne fut atteinte par le puissant colorant. La différence importante de débit constatée entre la cavité et la résurgence démontre que le gouffre de la Grande Roche n'est qu'un affluent secondaire venant se greffer sur un collecteur principal.
Ce traçage a ainsi permis, d'une part de lever une partie du voile sur la circulation des eaux souterraines qui drainent cette partie du plateau de Coyron, et, d'autre part de mettre en évidence la relation pressentie entre la cavité et une source habituellement noyée par la retenue.