Gouffre du champs Mottet (Le fied, la Doye sur Seille)

SCSC : François Jacquier, Guillaume Ballet, Willy Bourgeois-Moyne, Dom Guyétand. Avec Christian Vuillemin (Vout-Vout) du SCL.

Cette cavité majeure du Jura, juste derrière la Borne aux Cassots, développe plus de 7 km de développement, et son exploration est très récente.

C’est actuellement un immense réseau complexe qui possède deux « rivières » mais aussi 2 entrées, offrant ainsi une magnifique traversée très sportive. Son entrée supérieure, découverte et explorée en 1986, a donné lieu à une succession de belles premières. Quatre Km étant découverts en 2003, puis 3 km supplémentaires en 2011, qui menaient les explorateurs sur l’extrémité Est du plateau, où une énorme désobstruction permis d’ouvrir la 2ème entrée.

Ni moi, ni François ne connaissions ce réseau, et c’est sans trop nous faire prier que nous avons accepté l’invitation de Vout-Vout. Ce dernier, nous attendait non loin de l’entrée inférieure, située sur les coteaux de La Doye sur Seille, en début d’après-midi. Auparavant, j’avais retrouvé François, puis Guillaume et Willy.

Après une dizaine de minutes à bartasser un peu dans le coteau, nous tombons sur l’entrée. Diable, quel travail ! Cette ouverture, à l’origine recouverte entièrement par un éboulis de pied de falaise, a été complétement dégagée, puis par un habile jeu de maçonnerie à base de pierres sèches et d’un tuyau de gros calibre, a été sécurisé de belle manière. Nous plongeons verticalement en désescalade pour nous mettre au frais. Un léger courant d’air et perceptible. Notre objectif est d’aller jusqu’à la base d’un puits remontant situé à environ 450 m de l’entrée, autant dire un minuscule bout comparé à l’ensemble !

Cette première partie est basse, mais sèche et sableuse. Puis, ça se gâte un peu avec l’apparition de laisses d’eau situées dans des passages bas. Rien de méchant en ces jours de sécheresse, il ne doit pas en être de même en période plus humide. La suite, est très atypique pour nous haut-Jurassiens. Nous nous déplaçons dans une succession de galeries étroites avec des intersections à angle droit mais souvent hautes, parfois assez spacieuses, où circule un ruisseau. Mais la particularité, c’est l’omniprésence de chailles, c’est-à-dire d’inclusions rocheuses plus dures, qui dépassent partout des parois, à tous les niveaux, telles de d’innombrables et fragiles étagères de toutes tailles. Parfois, certaines se rejoignent, formant ainsi un pont rocheux ultra fin, aussi esthétique que fragile.

De toute part, de discrètes concrétions complètent la déco de l’ensemble. Nous avançons donc très lentement, occupés à regarder chaque recoin. Les prises d’appuis pour escalader et faire des oppositions, sont délicates à cause de la fragilité de tout ça. François, malgré ses traditionnels déboires de flashs, fera quelques belles photos, mais ne reflétant pas assez « l’esprit » de ce côté-ci du réseau. Tout le monde est charmé, y compris par le fait que les premiers explorateurs on très peu modifié les galeries, à tel point que l’on a presque partout l’impression d’être les premiers à passer, et ça c’est chouette ! 

Nous ressortons à la nuit, après environ 4 h sous terre.