Grotte des Brasselettes (39-Lavancia)

Dom G, Jluc G

C’est fou ce que la terre regorge de gens étranges, qui ne rentrent pas vraiment dans la case bien organisée dite de la société de consommation. Outre les spéléologues, les plongeurs, les canyonneurs, les chiroptèrologues, les photographes, je découvre une nouvelle espèce : les preneurs de sons. Ils sont sournois ceux là ! ils ont tjrs un micro qui traine pour immortaliser toutes les histoires et anecdotes qui se transmettent depuis quelques dizaines d’années. Attention à tout ce qu’on enjolivait depuis tout ce temps ! maintenant des traces seront gravées. Mais ils nous apportent aussi une nouvelle facette de notre activité que nous ne remarquons, la plus part du temps, même pas. Du bruits (ou plutôt des sons), on en trouve partout ! et on peut également en provoquer à volonté.

Alors quand quelqu’un leur a rapporté que dans une grotte du jura il se produit un phénomène sonore totalement hors du commun, leur sang n’a fait qu’un tour ! là ou le Dom ne trouve aucun spéléo pour l’accompagner dans la quête du Graal, eux seraient bien venue si permission leur avait été donnée. On se contentera d’emporter une dictaphone de bonne qualité qu’ils nous auront prêté.
Par un bel après midi d’Aout, lors d’une fraicheur caniculaire, on se retrouve à 2, au lieu de RDV préféré de la basse vallée de la Bienne, chez le Dom.... qui patauge dans sa belle piscine toute neuve. Certes j’ai mon maillot de bain, mais si je rentre là dedans c’est peu probable que j’en ressorte rapidement. Alors les affaires sont vites chargées dans le Kangoo.

Sur le plateau de Lavancia, le Dom débroussaille la place de parking à l’ombre. Vu la chaleur ambiante, on opte pour s’habiller à l’entrée du trou. En quelques coup de scie, le chemin est à nouveau bien tracé. Un courant d’air bien marqué et particulièrement frais s’échappe de l’entonnoir d’entrée. Le Dom revêt une pontonnière Décathlon à 7 euros, et moi ma néo légère de planche à voile (non je ne fais pas de planche à voile).
De nombreux moustiques se sont mis au frais. Et eux on l’avantage de ne pas avoir de kit à trainer et de pas avoir à ramper dans l’eau et l’argile. ( ils ne savent pas le bonheur qui leur échappe ).
Les niveaux d’eau sont bas. l’eau est claire. Peu de passage ces 3 dernières années, par endroit la cavité s’est refait une certaine virginité. On s’étonnera pourtant d’avoir en milieu de parcours des vasques troubles, un peu comme de l’eau de rivière.
Nous voilà au carrefour desservant amont et aval des cheminées. C’est le moment de mettre la quincaille sur nous. L’équipement en place commence à dater un peu. Tout n’est pas parfaitement doublé comme c’est la mode aujourd’hui. Mais pour autant tout est bien en place et en bonne état. L’ascension est plus technique que dans mes souvenirs. Un vague bruit se fait entendre à mi pente. On sait déjà qu’on ne sera pas dans les meilleurs performances de la Technocheminée.
A son pied pourtant le rythme est bien marqué, voir entrainant. On sort du bidon étanche le petit bijoux technologique. Bon, pour le mettre en route : c’est là. Faut vérifier quoi déjà ? Ah oui c’est ça. Heu bien beau tout ça, mais ce qu’on entend le mieux c’est ces satanées gouttes d’eau qui tombent depuis le haut de la cheminée en un boucan d’enfer dans une gouille d’eau. ( je vous rappelle qu’on est là pour le son et qu’une goutte d’eau peu alors faire beaucoup de bruit par rapport aux autres sons ambiants).
L’enregistreur est placé en retrait de la chute des gouttes (c’est illusoire, mais on a l’impression qu’on les entendra moins comme ça....) Un premier enregistrement de 3 min est réalisé. Puis un second d’encore 3 min en augmentant la sensibilité des micros.
Aujourd’hui LE SON est encore différent de toute les autres fois. On le défini assez bien comme un bruit de tuyauterie accompagné de coup de canons plus ou moins lointain. Et pourtant c’est juste la derrière, à peine à quelques mètres.
Pendant que le Dom rempli d’argile la gouille d’eau pour calmer l’ardeur des gouttes, je monte au sommet de la cheminée à fin de placer l’enregistreur dans le boyau d’ou provient LE SON. Je suis assis dans le baudrier, pendu sur la corde, et il ne faut pas bouger... pourtant il fait vite froid dans le secteur. 8 min d’enregistrement puis un autre de 5 min en modifiant les réglages. Si on ne s’est pas trompé dans les boutons, on a notre Graal !
Retour donc au pied des cheminées. On irait bien voir si le siphon de sable passe, mais il est déjà tard (et nous plus aussi mordu qu’un temps) alors direction la sortie. Pas de changement : en sortant de l’entonnoir on se retrouve le corps dans le réfrigérateur et la tête dans le four ! Au déshabillage l’impression du Don se vérifie : il a bien un pied plein d’eau grasse à une belle coupure (livrée avec la pontonnière Décathlon ?)
TPST : 2h45

ps : les enregistrements sont bons. Autre particularité du preneur de son : il en a jamais assez ! Interview, apéro (qui continu l’interview), et on irait bien là, et là bas c’est bien aussi non ?... on a bien failli passer une semaine aux foules avec ceux là !
En tout cas LE SON les intéresse tout particulièrement, et en attendant de trouver un thèsiste près à camper une année à Lavancia, Ils essaient de bricolé un enregistreur de géologue....
Les enregistrements sont chez le Dom qui a remit ses prises de sons plus anciennes en échange.