Grotte des Foules (St-Claude)

Céline Lebarz (SDNO), Jérome Utter (tribu canyon), Claire Mermet, Anne Corriol, Guillaume Ballet, Willy Bourgeois-Moine, Louis Daudey, Jean-Luc Lacroix, Jean-Luc Gabet, Bruno Mischler, Dom Guyétand (+ l’équipe François)

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a eu foule aux Foules ce samedi ! Cette sortie, au départ concoctée entre Claire et Dom, avait pour but initial un challenge qui consistait à non seulement faire découvrir les mythiques Cheminées du Vent à Claire, mais aussi à l’emmener jusqu’au sommet à + 260 m.

Cette course longue et technique à souhait, qui représente largement plus de 200 m à monter sur corde en une vingtaine de tronçons, consiste aussi en un cheminement total de 340 m de dénivellation, autant dire un joli morceau pour nous Jurassiens. Mais un message passé sur la liste, transforme aussitôt ce duo en colonie de vacances, avec 9 autres personnes qui viennent se greffer, sans compter l’équipe des « touristes » guidée par François, ce qui porte à plus d’une quinzaine le nombre de spéléos sous terre en même temps dans la grotte, sans doute du jamais vu !

Équipe cheminée :

Nous nous retrouvons au parking du bas pour 9 heures et après quelques palabres, les plus vaillants montent à pied, tandis que les autres profitent du Land et du Duster. En route, quelques auto-stoppeurs finirons leur ascension dans le Duster providentiel. Après la séance d’habillage, nous franchissons l’entrée à 10 h 40. Très vite, la grosse équipe se scinde en deux, principalement pour d’obscurs problèmes de matos que nous tairons ici… Devant : les deux Jean-Luc, Bruno, Anne et Céline. Ferment la marche : Claire, Guillaume, Louis, Willy, Jérome et Dom.

Nous sommes en méga sécheresse depuis de longs mois, mais le torrent, bien qu’assez affaibli, reste encore vigoureux et demeure toujours un moment fort et symbolique à franchir.

Dom a emporté avec lui un mini-perfo et du matos pour rattacher le fil du téléphone qui pendouille par endroit et qui gêne la progression. Mais constatant que des portions de fils conducteurs sont complétement détruits par endroit à cause des frottement liés aux crues, il abandonne le projet.

Nous avançons tranquillou et les deux équipent ne se rejoignent qu’au Pugiloir, où la première a commencé sa longue ascension. Comme ça va bouchonner un bon moment, l’équipe 2 en profite pour se restaurer, avec même des plats chauds pour certains, dans une atmosphère polluée de vapeur d’alcool à bruler, mais aussi de cigarettes et de vapoteuse, ah ces jeunes ! Heureusement que le courant d’air bien établi joue bien son rôle…

Puis, un par un, après avoir descendu les quelques mètres qui vous posent au pied des cheminées, les équipiers montent et disparaissent dans les voûtes. Là encore, montée tranquille, sans se mettre dans le rouge, tout à l’économie. Claire, qui n’est pas au mieux de sa forme (malade durant la nuit, estomac presque vide), laisse Dom perplexe. En effet, comme elle valide le fait qu’il laisse au « Pugiloir » la corde et les poulies nécessaires à une éventuelle aide, cela signifie que l’objectif d’aller en haut n’est plus vraiment d’actualité, ce qui est normal. L’objectif est tout simplement de monter au plus haut et même de revenir plus tard en Octobre durant ses congés.

Mais voilà, rien ne l’arrête, frac après frac, longueur après longueur, elle grimpe tel un métronome, juste un temps ralentie par le franchissement de l’étroiture du « Ventilateur » où Louis l’assiste à la demande de Dom. Arrivés à la salle des Chômeurs, nous sommes de nouveau dans des bouchons car la longue portion de « Damocles » est assez exposée aux chutes de pierre et impose de se tenir loin des trajectoires éventuelles. C’est là que nous abandonnons Jérôme. Il nous attendra plus d’une heure, heureusement vêtu d’un poncho de secours.

A la base de « l’Apocalypse », nous retrouvons tout le monde, dont Anne cachée sous une couverture de survie et qui sera la seule (avec Jérôme) à ne pas être montée jusqu’au sommet de cette magnifique dernière verticale de 40 m. Bel exploit quand même, car elle a su trouver les ressources mentales pour nous suivre malgré son manque de technique et d’expérience.

L’ensemble des personnes présentes réalise aussi quel énorme travail et quel acharnement il a fallu dans les années 80 pour parvenir ici, sans perfo, à l’acéto et sans les prévisions météo fiables que nous avons maintenant…

Et qui nous retrouvons en haut, tout en haut ? Et bien Claire, qui est du coup montée jusqu’à l’entrée de la trémie ! Quand Dom arrive sur la minuscule plateforme finale, elle redescend justement de la trémie et se pose au milieu du groupe avec une banane qui en dit long. Elle nous fera même un petit spectacle spécial dédicace pour François, immortalisé par le GoPro de Dom, fière de montrer qu’elle a su trouver des ressources bien cachées.

Puis, c’est le cheminement inverse, qui dans ce sens-là devient un pur bonheur, avec 200 m de descente. De retour au Pugiloir, le matériel abandonné plus tôt porte les stigmates du passage de l’équipe des touristes, que finalement nous ne rencontrerons jamais. Nous sortons après 9 heures sous terre, avec la nuit qui finit de tomber et François qui nous attend depuis déjà un bon bout de temps.

C’est à douze et dans la tiédeur du soir, qu’une fois tous réunis aux voitures, nous partageons un gâteau providentiel apporté par Louis qui fêtait là son anniversaire.

Conclusion : super et superbe journée, record de monde aux Foules et dans les cheminées, zéro bobo. Mentions spéciales au canyoniste Jérôme, complétement novice en spéléo est qui est monté super bien et très très haut. A Anne, qui comme dit plus haut est montée tout en serrant les dents. Puis bien sûr à Claire, épatante et surtout épatée par son « exploit » du jour.

Équipe 2

Jean-Marie, Isabelle et Mathis Blondeau, Coralie et Fred Gavand, François Jacquier

En constatant le nombre de réponses positives pour le projet de l'ascension des Cheminées du Vent, le président s'est vu dans l'obligation de proposer une autre sortie aux Foules mais en mode beaucoup plus touristique celle là. Le but principal était de désengorger les cheminées tout en faisant découvrir la grotte à celles et ceux qui ne la connaissaient pas encore sans le risque de s'embarquer dans une galère. Peine perdue, tous se sont raccrochés aux wagons des Cheminées et le président s'est contenté d'un guidage en règle pour quelques membres du Spéléo-Club Lédonien.

Tout le monde se retrouve en bas à 10h30 comme prévu et après les ultimes préparatifs la montée à pied peut commencer. Contrairement aux étroitures qui rétrécissent avec le temps, ici j'ai la nette impression que c'est la montée qui s'allonge avec les années... A 11h45 tout le monde rentre sous terre pour la visite touristique (n'oubliez pas le guide !) Il est prévu d'aller faire une incursion dans les Galeries Profondes, secteur peu fréquenté mais où la taille des galeries est assez surprenante. Une petite verticale en commande l'accès, tout le monde a donc son baudrier au complet et le président se charge du matériel d'équipement.

Le Petit Puits, les Grands Puits, le torrent qui ne laisse personne indifférent avant d'entamer la partie remontante. Le Rythme, tranquille jusque là, ralentit progressivement. Il faut dire que le président, lui, avance sans le moindre gène, ses pieds, ses mains, ses épaules et même ses fesses ne cherchent plus les appuis depuis le temps, ils les connaissent par coeur et savent où les trouver sans hésitation. Les autres ont beaucoup moins d'aisance dans la mesure où ils sont en "terra incognita". Ca se complique encore plus dans la montée de l'Escargot.

Ces ralentissements successifs poussent le Président à revoir ses objectifs, La galerie qui mène aux Galeries Profondes est assez pénible à la montée et le court obstacle à équiper risquent d'étirer au reste le planning. De plus il est possible que les moins téméraires de l'équipe des cheminées soient revenus en arrière et attendent dans le froid au pied de la cheminée. Seul Fred connait ce secteur de la grotte, pour les autres le cheminement jusqu'au pied de la cheminée sera aussi une découverte. Après un bref conciliabule personne ne voit d'objection à ce changement d'itinéraire qui de plus est beaucoup plus aisé.

Les lumières s'étirent tout le long du Couloir "H" avant d'atteindre la "Salle à Manger" puis l'Etroiture de Sable. Les sacs inutiles sont laissés là et tout le monde joue au serpent dans l'étroiture en" U". Après diverses reptations, progressions à quatre pattes dans le sable et ascension des deux ressauts, toute la troupe se retrouve au "Pugiloir" où personne n'attend sagement sous une couverture de survie... Divers sacs et matériels indiquent que l'autre équipe est bien passée par là mais il semble bien que tous sont encore engagés dans les parties remontantes. Aucun bruit ne provient du haut et nos appels répétés se perdent dans ce conduit vertical. Il ne reste donc plus qu'à faire demi-tour, le président reste encore une dizaines de minutes au cas où un son lointain indiquerait le retour de l'autre groupe. Silence total...

De retour derrière l'Etroiture de Sable la section "touristique" s'accorde une petite pause grignotage avant de reprendre le chemin vers la sortie. Cette fois l'Escargot est laissé de côté et tous préfèrent se mouiller les pieds par la Galerie "A". De retour au Torrent seul Jean-Marie est volontaire pour aller faire un tour dans l'aqualand, les autres commencent à remonter tranquillement avec Fred comme guide. Le torrent n'est pas au mieux de sa forme mais Jean-Marie ressortira avec des étoiles plein les yeux !

Un ultime rayon de soleil pénètre comme un faisceau de projecteur dans l'orifice quand le groupe réapparait au grand jour, le temps de souffler quelques minutes et de se désaltérer et les Lédoniens entament leur longue descente à pieds. Le président quant à lui reste sur place en attendant l'autre équipe au cas où... Vingt minutes plus tard les premiers raclements se font entendre des profondeurs, puis c'est quelques faisceaux lumineux qui vacillent contre les parois avant qu'apparaissent enfin les premiers visages. Des sourires sur quelques visages mais d'autres accusent un gros coup de fatigue. Les guidages touristiques ça à du bon finalement !