Week end Spéléo dans le Vercors les 2-3-4 novembre 2018

Index de l'article

Jean-Luc et moi sommes en vacances et on voulait aller en montagne. Temps maussade annoncé, on se replie sur spéléo dans le sud Vercors, à Lente, près de Fond d'Urle.
Jean-Luc nous trouve un gîte (le « Gîte du Vercors ») avec une pension complète pas chère, un local matériel, et où on peut aller faire des trous à pied !
Le vendredi, Cyril et Candice seront avec nous pour une totale découverte pour Candice !
Et suite à un appel sur la liste club, Jean-Luc G et Guillaume nous rejoignent pour les 2 jours.
Louis, avec qui on avait déjà fait un peu de spéléo l'an dernier (Grandes Roches, quelques entrainements en salle...), étudiant à Gap cette année, n'est pas loin et sera avec nous tout le week end.


 Scialet des Meyniers (St Laurent en Royans – 26)

le 02 novembre 2018

Jean-Luc Lacroix, Cyril Lacroix, Candice Gressier, Louis Journault, Anne Corriol.

Départ de Chambéry le matin, la route est longue. On récupère Louis au gîte et on va au premier trou. Situé en forêt, mais d'un accès facile et proche. On se gare sur une place à bois, on s'équipe sous la pluie, on part sur la route forestière et au bout de 200m, le trou est en théorie à 15 m dans la forêt. Sauf que c'est perçé de partout là bas et que Jean-Luc commence à équiper un trou qui n'est pas le bon : ça ne ressemble pas à un P40!
On trouve le bon trou à peine plus loin : Jean-Luc repart équiper, observé et suivi de près par Louis. Les autres, on attend dans le brouillard et sous la pluie... C'est au tour de Candice de descendre. Première pour elle et l'impressionnant trou noir qui s'ouvre sous ses pieds n'est pas du tout engageant... hésitations, j'ai peur... et elle descend. Tranquille mais ça passe bien. Passage de fractionnement tout bien. Cyril suit puis moi et c'est la boulette... je descend trop bas au frac... et merde, ça m'énerve... déjà que j'étais moi aussi impressionnée par ce grand puit noir... donc je dois faire une conversion (que j'avais révisé en salle quelques jours plus tôt!) avant de continuer. Bon, ça passe sans soucis mais en grognant.
On descend encore un peu, mais en bas d'un petit puit, Jean-Luc qui est allé repéré en nous attendant nous annonce que la suite est par là : étroiture très étroite et dans l'eau...
Oh non ! Pas envie de se mouiller... On mange et on remonte. Jean-Luc déséquipe et Candice a réussi à surmonter sa peur initiale. Pas d'autres boulettes non plus !
On n'est pas allé bien loin dans ce – 158m !

TPST : 3h ( ?? j'ai jamais regardé ma montre!)


Scialet Félix (St Martin le Colonel – 26)

le 02 novembre 2018

Jean-Luc Lacroix, Cyril Lacroix, Candice Gressier, Louis Journault, Anne Corriol.

On revient vers le gîte, on se tâte : la chaleur est tentante, toujours pluie et brouillard dehors... Les garçons sont chauds eux, du coup on repart tous à pied pour le Scialet Félix noté à 300 m du gîte sur les panneaux de rando. On trouve facilement le trou, bien large et à proximité du GR. Jean-Luc est encore à l'équipement, et le départ est sous un gros arbre d'où il faut un peu se balancer dans le vide. Pas autant impressionnant que le Meynier tout de même. Après ce P35, on arrive dans une grande galerie avec un fond en pente, éboulis, puis argile glissante « mondmilch » bien blanche. Mains courantes, petits rappels... « cordes facultatives » qu'ils disaient dans le topo... on est bien contents de les avoir les cordes ! Les parois sont couvertes de chou-fleurs (blanches et molles), c'est
très spectaculaire, tout le monde s'extasie ! La galerie se rétrécie et il faut alors un peu se tortiller, mais ça plait bien à tout le monde et le mondmilch, ça glisse ! On a l'impression de progresser dans un immense fromage de Féta... la consistance, la couleur sont très très proches ! Et là on va au fond : - 110 m donc.
La remontée s'effectue sans souci et on débouche dehors dans la nuit et toujours sous la pluie.

TPST : 4h ( ??)

Retour au gîte à pied où Jean-Luc G et Guillaume nous attendent autour d'une bière locale. Rangement et séchage du matériel dans le garage bien pratique pour ça, on a toute la place qu'il nous faut ! Cyril et Candice se dépêchent de rentrer à Chambéry.
On est pile-poil pour le repas : pâtes et c'est parfait.
Discussion sur le programme du lendemain, les gars vont enkitter (moi... heu... je suis fatiguée... j'ai des trucs à faire... je suis pas indispensable non?). Puis au dodo !
Étonnamment, la nuit est calme, pas de ronfleurs !
Le lendemain, ouverture des rideaux : on voit pas le bout du bâtiment, le brouillard est encore plus dense qu'hier, mais il ne pleut plus.


Scialet du Satyre (Bouvante – 26)

le 03 novenbre 2018

Jean-Luc Lacroix, Louis Journault, Anne Corriol, Jean-Luc Gabet, Guillaume Ballet.

On part à pied du gîte pour le trou. On commence par se faire rabrouer par l'agriculteur local qui refuse qu'on passe devant sa ferme (« y a des panneaux, interdit aux piétons et aux vélos »)... On fait donc un beau détour pour prendre le GR et après 30 minutes de marche à peu près, on trouve l'entrée du trou sur le côté d'une grande doline en forêt.
Jean-Luc L est encore à l'équipement, Louis suit de près, curieux, posant plein de questions. Puis l'autre Jean-Luc, moi et Guillaume. Je suis rassurée encadrée par les 2 pointures et leurs conseils.
On progresse alors dans une cavité verticale très très étroite, on joue aux égyptiens, on se contorsionne, on se versdeterrise... C'est haut mais qu'est ce que c'est étroit ! A un moment, Jean-Luc-G devant moi me demande « on va manger plus haut non ? » - « Ah bon ? » - « Parce que là, je ne suis pas sûr que le sac avec les bidons de bouffe passe... » - « Ah... d'accord... » Je ne vois rien, il est devant moi et me bouche « la vue » sur le reste de la cavité. On remonte le sac à peine plus haut et en descendant, effectivement... c'est vraiment vraiment très très étroit... Faut réfléchir au sens dans lequel on se met pour passer ce « truc », se tortiller et ça fini par descendre... Mais faudra remonter... Il y a aussi un peu d'eau qui ruisselle sur les parois et vu que nous aussi on est collé contre les parois, on est mouillé... A force de se tortiller, on arrive au fond d'un puits à -121m. Là il y a une étroiture horizontale pour aller voir la rivière... Bon, moi j'en ai ma claque, je m'arrête ici, je m'enroule dans ma couverture de survie, grignotte une pâte d'amande et je les attends 1/4h. Les gars rampent encore, puis ils racontent quelques acrobaties pour éviter de se mouiller dans la rivière, atteignent le siphon amont 50 m plus loin et font demi-tour pour me rejoindre. Je ne me suis même pas ennuyée.
On entame la remontée, toujours en se tortillant, contorsionnant, faufilant, frottant contre les parois, ça râpe de tous les côtés ! Il faut repasser la mini-lucarne et là, en poussant du bout des pieds et tirant du bout des doigts, cm par cm, ça passe ! Pause casse-croute quand on a retrouvé les bidons, on continue la remontée, toujours en frottant contre les parois. Lorsqu'on ressort dehors, il y a un rayon de soleil ! Le brouillard a disparu ! Bon, faut que les derniers se dépêchent pour le voir !
scialet du Satyre, on comprend pourquoi : scialet du « ça tire » vu le nombre d'élargissement qu'ils ont du faire (mais pourquoi aller dans un trou où on ne passe pas???) - scialet du Satyre, parce qu'il est assez diabolique aussi...

TPST : 5h (à la louche)

Retour au gîte à pied. Rangement, séchage, apéro – bière maison et discussion dans la salle gestion libre du gîte (on a encore du temps, il n'est pas tard). Louis étudie attentivement tout les topo de spéléologie du Vercors.
Préparation des kits pour demain. Toujours sans moi... je fais mes étirements... j'ai des douleurs jusqu'alors inconnues, des muscles insoupçonnés qui se sont révélés à force de faire le vers de terre ! J'avais jamais aussi bien senti mes psoas... assise, j'ai du mal à lever le genou ! Bon, avec des étirement et une nuit de sommeil ça devrait aller...
Raviolles au repas (miam!), nuit toujours calme (cool!) et réveil ensoleillé le lendemain.
On voit enfin le paysage et ça aurait été dommage de rater ça !
Petit déj et on remballe tout, direction Vassieux en Vercors.
La traversée du plateau de Font d'Urle sous le soleil, la chaine du Vercors toute blanche en face, le trajet est magnifique !


Scialet Michellier (Vassieux en Vercors – 26)

le 4/11/2018

Jean-Luc Lacroix, Louis Journault, Anne Corriol, Jean-Luc Gabet, Guillaume Ballet et Jean-Claude Gelin qui nous a rejoint sur place.

Alors là, pour trouver le trou et l'approcher, difficile de faire mieux : à 20 m de la route en plein champ. On se gare au bord de la route, on peut pas être plus près. L'ouverture est fermée par une plaque qui se dépose très facilement (pas du tout comme aux Grandes roches!). Et on comprend très vite la consigne de bien refermer la plaque derrière nous quand on va sous terre (drôle d'impression d'ailleurs !) quand un troupeau de génisse déboule dans le champ...
Jean Luc L part équiper suivi de près par Louis. Le reste de la troupe s'équipe progressivement pour les suivre. On enchaine un série de puits, un méandre pas très large, puis après un boyau où il faut ramper, on arrive dans une immense salle !
Impressionnant !
Jean Claude nous fait la visite, le plancher est balisé pour éviter de dégrader certains secteurs car il y a des curiosités partout ! Des silex partout, des remplissages de graviers sculptés, des concrétions petites, grosses, partout, draperies, colonnes, stalactites tordues, gours, fistuleuses...
On avance dans cette grande galerie, on passe un ressaut pour arriver à la salle Sophie, clou de la sortie, avec ses superbes concrétions. On continue un peu dans cette galerie, on navigue dans les blocs, on s'enfile à droite, à gauche, dessous... on observe le « poisson de silex »... Bon, il y a des possibilités, mais on va s'arrêter là. Le méandre « Tadebogenoux » ne tente personne... On est à peu près à – 75 m.
On mange dans la première grande galerie. Puis boyau, remontée des puits... C'est Louis qui déséquipe, coaché par Guillaume et Jean claude, tout roule.
Le retour à la surface s'effectue chacun son tour, sans problème et sous le soleil.

TPST : 5h (grosse louche...)

Le retour aux voitures n'est pas compliqué non plus...
Bière, gâteaux et on se sépare , Louis rentre sur Gap, Jean Claude va nous mettre sur la route pour redescendre du plateau (paysages encore magnifiques !), lavage des cordes dans une rivière – avec de l'eau - et on finit chez Céline qui nous a gentiment préparé à manger !

Un chouette week end spéléo dans le Vercors, une envie de remettre ça !